Festival international du film d'Arras

LE CINEMA INDEPENDANT



Hair de Milos Forman
Le cinéma indépendant américain est né d'un refus. Celui, dans les années 50 et 60 d'une poignée de réalisateurs qui décidèrent d'échapper à l'emprise économique des grands studios et rejetèrent la mythologie hollywoodienne.
Programmation
Leurs films se différenciaient radicalement des productions courantes par leur mode de financement (petit budget, équipes réduites, recours systématique au noir et blanc), leurs sujets (rejet du cinéma de genres), leurs styles (refus de règles classiques du langage cinématographique) et leurs interprètes (absences de visages connus).

La caractéristique commune de ces cinéastes est qu’ils se retrouvèrent très rapidement isolés. D’ailleurs, on ne parlait pas encore de cinéma indépendant mais de cinéma avant-gardiste, de cinéma underground ou de cinéma new-yorkais. Le phénomène demeura donc marginal jusqu’aux années 80 où une génération de nouveaux auteurs, montrant sa capacité à obtenir les faveurs du grand public, allait sortir le cinéma indépendant de son ghetto. Il se voyait désormais doté d’un statut au risque d’être récupéré par les studios.

Indépendant et américain

Chercher à définir ce qu’est le cinéma indépendant américain n’est pas chose facile, d’autant que ce terme n’a pas toujours le même sens que l’on soit d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Pour les Européens qui ont une vision très romantique, il s’agit d’un cinéma off résistant à la grande machine hollywoodienne et donc à son hégémonie mondiale. Pour ces raisons, il n’est pas rare que les films indépendants soient financés par des fonds européens. D’ailleurs, certains de leurs auteurs, comme c’est le cas pour Jim Jarmusch, Hal Hartley ou Amos Kollek, sont moins connus dans leur pays qu’en Europe. Aux Etats-Unis, la définition est avant tout économique. Ainsi la notion de production indépendante a toujours existé à Hollywood. Le terme "indépendant" désigne une société de production – généralement de petite importance – qui ne possède ni réseau de distribution, ni salles, ni – sauf exception – de studios.



Taxi driver de Martin Scorsese

Beaucoup de cinéastes d’aujourd’hui considèrent le cinéma indépendant comme un passage obligé pour gagner sa place à Hollywood. D’autres, plus soucieux de conserver leur intégrité, prennent régulièrement des billets aller-retour, allant d’un système à l’autre. Enfin, plus rarement, certains préfèrent éviter tout contact et ont de plus en plus de difficultés à trouver des financements.

La tentation a toujours été très forte d’opposer ces deux tendances du cinéma américain. Veillons cependant à ne pas nous montrer trop manichéens. Dans les années 50, lorsque John Cassavetes réalisait Shadows, le mot "indépendant" avait une réelle signification. Il correspondait à une farouche revendication d’artiste. Mais n’oublions pas qu’au même moment, d’autres réalisateurs avaient choisi de mener ce combat au sein des studios. Des cinéastes comme Orson Welles, Nicholas Ray ou Sam Peckinpah luttèrent violemment pour conserver leur liberté artistique. Il s’agit néanmoins de cas isolés.

Hollywood jamais très loin

Force est de constater que le cinéma indépendant ne détient pas le monopole de l’invention et de la créativité. Des grands auteurs américains, comme Billy Wilder, Blake Edwards, Stanley Kubrick ont réalisé toute leur carrière dans l’industrie. De même, le cinéma indépendant ne produit pas que des films d’auteur. Mais disons que c’est en son sein que se développent les projets les plus originaux et les plus dérangeants. On peut dire qu’il est en quelque sorte la conscience du cinéma américain. C’est pour cela qu’il n’est jamais aussi fort que lorsque Hollywood oublie un peu trop l’artistique et le monde qui l’entoure.

Dans cette perspective, l’histoire du cinéma indépendant ne peut être envisagé que dans son rapport à Hollywood.

Programmation


Shadows
de John Cassavetes

The connection
de Shirley Clarke

Greetings
de Brian De Palma

Flesh
de Paul Morrissey

Easy rider
de Dennis Hopper

Macadam cowboy
de John Schlesinger

Trash
de Paul Morrissey

Wanda
de Barbara Loden

Heat
de Paul Morrissey

Taxi driver
de Martin Scorsese

Hair
de Milos Forman

La Chasse
de William Friedkin

L'ange de la vengeance
d'Abel Ferrara

Love streams
de John Cassavetes

Do the right thing
de Spike Lee

Drugstore cowboy
de Gus Van Sant

Little Odessa
de James Gray

Safe
de Todd Haynes

Fargo
de Joel et Ethan Cohen

Sue perdue dans Manhattan
d'Amos Kollek

The big Lebowski
de Joel et Ethan Cohen

Buffalo '66
de Vincent Gallo

The Shade
de Raphaël Nadjari

The Yards
de James Gray

Bully
de Larry Clark

I'm Josh Polonski's brother
de Raphaël Nadjari

Storytelling
de Todd Solondz

Appartement #5C
de Raphaël Nadjari